Dôme des Écrins (05)

Cet article est écrit 5 ans après la randonnée pour compléter la collection de mes belles courses ainsi que documenter la liste des 4000m réalisés. Cela devient donc un exercice un peu plus compliqué !

Nous voici partis pour une nouvelle aventure dans les Hautes-Alpes avec Victor et Romain, notre compère et Guide de Haute Montagne. Romain est notre initiateur ski de randonnée, qui nous avait proposé de nous lancer sur l’objectif Mont-Blanc. Challenge excitant pour Victor et moi ! Nous partons ainsi à la conquête du Dôme des Ecrins, course d’alpinisme faisant office d’entrainement pour le sommet de l’Europe la semaine suivante.

Jour 1 : Pré de Madame Carle – Refuge des Ecrins

Départ depuis le Pré de Madame Carle, cul de sac du fond de vallée entre Ecrins et Pelvoux, des massifs grandioses et sauvages. Ici, rien à envier du massif du Mont-Blanc.

Chemin de départ vers le Glacier Blanc
Vue Pelvoux lors de la montée vers le refuge des Ecrins.

Il fait chaud au départ, très chaud même. Le sentier est assez abrupte et le sac plutôt lourd (crampons, baudriers, corde, etc.). Le terrain devient vite aride, ce ne sont pas les Hautes-Alpes pour rien. D’ailleurs on arrive assez vite au pied du Glacier Blanc en glace vive, sensations garanties. Romain nous raconte alors que lorsqu’il était jeune (il a grandit dans une vallée voisine), le glacier descendait bien plus bas.

Arrivée sur le Glacier Blanc.

Nous posons nos premiers pas sur un glacier en crampons avec Victor, jusque là je n’ai pas souvenir d’être monté aussi haut (seulement en Italie lors de l’ascension du Grand Paradis mais c’était en ski). La seconde partie de l’ascension (sur le glacier) se fait assez aisément, la route devient plus plate. Nous avalons ces quelques kilomètres pour rejoindre le Refuge des Ecrins sur un promontoire rocheux, en contrebas du Dôme des Ecrins et du renommé col de Roche Faurio.

Cette nuit en refuge (3170m) est vraiment extra, j’ai quelques souvenirs qui me sont encore imprégnés ; un tajine hors du commun (je ne sais pas s’il était excellent ou si les kilomètres et le dénivelé l’ont rendu meilleur), une soirée à se faire raconter des histoires par le guide et le gardien du refuge ainsi que les habituels ronflements des autres visiteurs. Quoi qu’il en soit, un repos bien mérité et salvateur.

Refuge des Ecrins (3170m)

Jour 2 : Refuge des Ecrins – Dôme des Ecrins – Pré de Madame Carle

Réveil tôt, de mémoire il devait être 4h du matin. Après un petit déjeuner vite englouti (Romain aime bien partir parmi les premiers du refuge), nous voici avec les sacs sur le dos, encordés crampons aux pieds en direction du Dôme. Il fait encore nuit noire, il fait froid et le temps semble couvert. Romain en tête de cordée nous amène à bon train vers les séracs du Dôme.

Nous entendons d’ailleurs un grand coup de tonnerre après quelques dizaines de minutes de randonnée. Nous constaterons après un peu de temps supplémentaire que ce sont ces mêmes séracs qui se sont détachés de la montagne, semant sur notre route de gros blocs de glace à franchir. Le passage sous les séracs doit se faire avec célérité. En effet, c’est une zone dangereuse où il ne fait pas bon passer trop de temps, nous l’aurons compris.

Début du jour.

Aux trois quarts de l’ascension finale, la luminosité augmente mais nous sommes dans une purée de pois, pas grand chose à voir de plus que les 20 mètres devant nous. Cependant, cette luminosité nous sera très utile pour finir l’ascension et le passage sur la rimaye sommitale.

La fin de l’ascension est grandiose, comme une intervention divine, nous avons le droit à quelques minutes où les nuages s’écartent nous laissant une vue à couper le souffle sur la Glacier Blanc depuis le sommet (4015m), de quoi en prendre plein la vue et nous laissant l’opportunité de respirer quelques minutes tout en se félicitant. Notre premier 4000m tous les trois.

Vue sur le Glacier Blanc depuis le Dôme des Ecrins.
La cordée au sommet.

Bon, reste la descente. Et qu’on ne se le cache pas, le descente en alpinisme c’est long… Alors on descend le glacier, le très long Glacier Blanc quand on le fait en entier d’une traite, puis le chemin de pierres jusqu’au Pré de Madame Carle, soit ±2300m de dénivelé négatif, ca pèse dans les chaussures ! Mais Romain est fier de nous, nous avons bien avancé, dès 11h en bas ! La suite très bientôt, objectif Mont-Blanc.

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