Punte Castore (ITA)

C’est mon deuxième sommet italien au delà des 4000m. Cette fois ci en randonnée alpinisme. Une sublime escapade le temps d’un weekend dans les vallées alpines de l’Italie du nord, une région qui mérite d’être découverte par tous les amoureux de la nature et de la randonnée.

Nous partons au vendredi matin, c’est une excursion sur 3 jours pour atteindre le sommet de Punta Castore en Italie, dans le massif du Mont Rose, deuxième plus haut sommet (Pointe Dufour) après le Mont Blanc. 
Après le passage du tunnel du Mont Blanc, nous passons devant les vallées parallèles issues de ce massif. Pour notre part, nous remontons la vallée de Stafal. Nous nous arrêterons dans un village sur la route pour manger un bout et acheter une carte topographique, ma première carte italienne. Les villages italiens sont très beaux et fleuris, ça sent l’été et le bonheur ici.

Jour 1 : Stafal – Bivouac face au glacier Al Felik

Nous arrivons après quelques heures de route en début d’après midi. Départ du parking à Stafal. Il est possible de prendre des télésièges pour monter en altitude car c’est une station de ski l’hiver. Mais nous sommes là pour nous promener donc nous partons d’en bas. D’autant qu’aujourd’hui nos sacs sont plus lourds qu’à l’habitude. En effet, nous y avons le matériel de bivouac et à manger pour 2 jours. 
Nous entamons donc la montée dans des lacets qui longent un ruisseau. Il fait très chaud mais le paysage est fantastique. D’autant que nous ne croisons personne, il faut croire que nous sommes les deux à ne pas prendre le télésiège. La montée est paradisiaque, nous passons à côté d’une maisons ferme où des gens résident à priori. Ils ont l’air d’être installés ici comme l’on s’installerait au paradis. Une vache, une prairie, du soleil et la belle vie. 

A partir de là, nous attaquons une montée plus difficile dans la montagne sur un sentier étroit, les lacets se font plus serrés et nous entamons l’ascension en direction du col della Bettolina Superiore, lieux où l’on rejoindra le sentier provenant du haut du télésiège. Jusque là-bas nous devrions rester à l’état sauvage.

Nous nous arrêtons à mi distance de la montée vers le col. Non loin d’un ruisseau qui me servira de coin toilette pour me rafraîchir. Il est tellement agréable de pouvoir se rincer après une chaude journée. Margaux s’abstiendra, la nuit tombe doucement, le soleil n’est plus là pour nous réchauffer et avec l’altitude la fraîcheur tombe vite. Il y a également une ancienne bergerie, magnifique, entourée d’Oseille des Alpes (Rumex alpinus). Une plante assez spécifique en pâture autour des lieux où le bétail se regroupe. L’urine rend le sol très azoté et seules quelques espèces florales y survivent. 
Nous préparons alors le bivouac, la tente face au glacier incroyablement grand et beau. Un des plus beaux paysages que j’ai admiré. Avec cette immensité et cette solitude, nous sommes au paradis. Le temps de prendre quelques belles photos, je regrette de ne pas avoir un bon appareil photo avec moi pour prendre quelques photos prise longue de nuit face au glacier. Le temps de dîner (le gaspacho acheté au chaud en ville ne fait pas l’effet prévu au frais en altitude) et au lit.

Jour 2 : Bivouac – Refuge Quintino Sella Al Felik

Le soleil nous réveille ce matin. Nous ne sommes pas pressés. Nous devons arriver au Refuge Quintino Sella aujourd’hui. Point de départ de l’ultime ascension de demain. Le nom de ce refuge a une grande signification pour la montagne alpine et spécifiquement italienne. Quintino Sella était ministre italien des finances pendant la deuxième partie du 19e siècle, il est le premier alpiniste à gravir le Mont Viso (qui fait parti des belles randonnées à faire sur mon interminable liste des projets alpins). Il est également le fondateur du club alpin italien. 

Une fois le bivouac plié, il est leur de finir la montée entamée la veille vers le col. Sur cette dernière portion de randonnée en paysage herbeux, nous croisons une petit lac incroyablement beau qui reflète la montagne. Il est entouré de Gentiane de Printemps (Gentiana verna) d’un bleu étourdissant. Pour moi et sans aucun doute, la plus belle des couleurs sauvages.

Arrivé au col, petit pique nique. Il fait encore très chaud et nous prenons de l’eau dans un ruisseau au milieu des cailloux et des rochers. Car oui, nous avons complètement changé de décors désormais. Plus un brin d’herbe mais un territoire lunaire de grandes roches porphyriques rouges. C’est hostile mais c’est également une très beau paysage qui renforce cet effet de chaleur lourde. Nous continuons la route vers le Refuge bien indiquée avec un marquage jaune et des cairns au milieu de l’amas de roches.Ce sentier plus technique finit par devenir étroit et se conclut par une petite arête équipée d’une main courante. Cela devient aérien mais reste facile. C’est vraiment de la randonnée spectacle à couper le souffle.

La montée jusqu’au refuge est de plus en plus difficile, il faut maintenant poser les mains, c’est même équipé comme en via Ferrata pour un passage, d’autant que l’altitude se fait clairement ressentir désormais car nous avons passé les 3000m d’altitude. 

Une fois ce passage effectué, nous avons la vue sur le Refuge (3585m), il n’est plus très loin. Quelques minutes plus tard, nous voilà installés dans notre dortoir. Il est encore tôt et nous en profitons pour faire quelques exercices de corde les crampons aux pieds sur le glacier du Felik qui entoure le refuge. 
Comme toujours en refuge, on se délecte de la soirée autour d’un repas généreux et chaud avec l’excitation du programme du lendemain. Au lit, le réveil sonne tôt demain matin.

Jour 3 : Refuge Quintino Sella – Punta Castore – Stafal

Réveil et petit déjeuner matinaux. Nous sommes nombreux à nous préparer dans le grand réfectoire et cela nous suivra jusqu’au début de l’arête qui mène à Castor. Sortie du refuge délestés du poids de la tente et des duvets que nous avons laissés au refuge et que nous récupérerons au retour. 
Nous mettons les pieds directement sur le glacier du Felik, équipés des crampons et encordés. Il faut remonter tout le glacier jusqu’à ce que les pentes raidissent. Le soleil n’est pas encore levé, les premières lueurs illuminent l’horizon. Nous voilà prêt à passer le ressaut qui fini de nous réveiller définitivement, ca monte un peu raide dans le mur. De plus, il y a beaucoup de monde et le rythme est un peu cassé, difficile de se réchauffer comme cela. Malheureusement il y a un plafond nuageux juste au dessus de nos têtes et quand nous atteignons le début du parcours sur cette longue arête, nous avons passé ce plafond et sommes pris dans des conditions beaucoup moins favorables. Le vent souffle fort, il fait très froid au dessus de 4000m, il n’y a pas un brin de soleil, nous ne voyons pas plus loin que 50m devant nous. Dommage, la vue promise devait nous offrir le Cervin et bien d’autres sublimes montagnes. Nous serons obligés de revenir pour admirer cela. Il reste le petit frère “Pollux” et non loin la Pointe Dufour (sommet du Mont Rose). 
Encordé jusqu’au dernier dôme qui fait office de sommet à 4228m, nous avançons doucement mais sûrement. Une fois arrivé, pas besoin de prendre une grande pause pour admirer le paysage, nous ne voyons rien. Le temps de s’habiller chaudement et de revenir sur nos pas. Le gâteau était excellent, il manquait la cerise, on ne peut pas tout avoir ! 

Débute alors la très longue descente de 2600m. Le soleil est immédiatement de retour en passant sous les 4000m. Les sacs remplis à nouveau après le passage au refuge, nous nous lançons vers la vallée. Déjà de belles émotions et sensations en tête. Cela restera pour moi, un des plus beau moment d’amour et de nature. 
Une fois au col supérieur de la Bettoline nous choisirons cette fois ci de continuer tout droit au lieu de redescendre par notre tracé de monté afin de rejoindre le télésiège qui nous raccourcira la descente de 500m d’interminable dénivelé. 
Rincés mais remplis d’énergie par cette sublime excursion, nous reprenons la voiture pour rentrer en France, les fenêtres ouvertes et les musiques italiennes en boucle en chantant à tue-tête. C’était la Dolce Vita.

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